En avant-première, voici un texte que j'ai écris le six septembre 2006 donc il date un peu. Je dis ça parce qu'à l'époque, j'étais assez taciturne, ça se remarque d'ailleurs dans le texte mais je vous rassure, je suis bien plus gaie maintenant ! Le texte s'appelle : la Cathédrale de métal. Bonne lecture et n'oubliez pas de me dire ce que vous en pensez !
Vide et froid, métallique, moderne et aseptisé. A l'image de l'homme d'aujourd'hui. La mixité disparaît, la barbarie et la sauvagerie peuvent ressortir. C'est la bête qui apparaît. Le sivom, c'est une cathédrale d'acier, où l'on s'asseoit à même le sol, où l'on court, où l'on sue ; où l'on crie. Cette cathédrale, c'est une dépravation de l'homme. Sa dépravation.
Chaque homme se dénigre à sa manière. Il peut subir le comportement des autres, de ses semblables, si semblables et si différents pourtant. Mais il peut aussi subir son comportement où il se compare à ses semblables, si différents de lui qu'il veut se rendre semblable d'eux. Il se dénigre, et comme celui qui subit le comportement des autres, il se meure petit à petit.
Et dans cette cathédrale d'acier, quand on se trouve au milieu de nos semblables, si loin de nous qu'on se sent seul, on a l'impression que notre cri intérieur résonne dans ce vide, entre les poutrelles d'acier. Belle illusion. Il fait si froid dans cette grande cathédrale vide que le son s'étrangle dans notre gorge et notre corps gèle. On continue de mourir, seul(e). Et personne ne nous voit mourir. Et celui ou celle qui nous enterrera pensera avec culpabilité : « Comment ais-je pu ne pas voir que tu mourrais ? » Trop tard pour nous sauver.
Nous sommes tombés au milieu d'une grande bataille. Des ombres fugaces qui crient et courent autour de nous, on ne reconnaît même pas nos semblables. Peur et désespoir, voilà ce que l'on ressent. Puis tout s'assombrit, notre c½ur s'assombrit. Et l'on pleure des larmes de sang, parce qu'on meurt, parce qu'on se vide de notre sang, blessé(e) par nos semblables, finalement trop différents pour être nos semblables. Rien n'est blanc, tout est noir. Et les ombres disparaissent. Le noir englobe les ombres. Et l'on se retrouve seul. Et l'on meurt ...
Boucle perpétuelle et impertubable de la solitude et de la souffrance. Certains lui échappent au bout d'un temps, d'autres sont entraînés malgré eux mais finalement, on est tous pris dans cet engrenage infernal. Alors pourquoi faut-il que certains soient plus marqués que d'autres ? Pourquoi faut-il que ceux qui souffrent fassent souffrir leurs semblables jusqu'à se sentir supérieurs, se retrouvant alors au rang de ceux qui font subir, alors qu'avant ils étaient de ceux qui subissent. Un degré plus haut dans la débilité, un degré de moins dans la souffrance. Où est la différence ? On souffre toujours.
Pourquoi s'éloigner, alors qu'on devrait au contraire se rapprocher et se tenir les coudes ? On ne serait plus seul(e) puisqu'on souffrirait à deux. Et là, on se trouverait un semblable, un vrai semblable qui peut nous comprendre et qui partage nos souffrances et nos cris. Et là, les ténèbres reculent et la lumière, dont on avait fini par oublier l'éclat et la chaleur, revient. Nos larmes de désespoir et de sang deviennent eau et réconfort. On sent à nouveau notre c½ur battre dans notre poitrine, on sent qu'on vit. On renaît, on sort de notre tombe et l'on sourit. Les ténèbres refluent et la lumière afflue.